Témoignage

M. Andy DANVILLE
médiateur au Musée de la Batellerie à Poses

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[00:12]
Bonjour je m'appelle DANVILLE Andy, je suis l'accueil touristique et le guide du bateau et du musée de la batellerie. C'est l musée de la Batellerie du village de Poses, qui raconte un petit peu l'histoire du village et aussi beaucoup l'histoire de la Seine, qui était navigable depuis au moins plus de 2000 ans. Ce musée-là a été fabriqué en 1991, fini en 1992. Et puis on a aussi le remorqueur le Fauvette. Il naviguait sur la Seine jusqu'en 1970, 1974\. Et puis à partir de cette année-là, il a été abandonné. Puis ensuite il a été récupéré par les anciens mariniers du village en 1987. Pendant une année, il a un peu dormi dans un petit endroit et puis l'année suivante, en 1988, les travaux de rénovation ont commencé et ont juste pris 2 ans, donc ça a fini en 1990.

[01:14]
Le musée de la Batellerie

Je vous présente la maquette du barrage du village de Poses et l'écluse du village d'Amfreville. Alors ce qui est très intéressant avec cette maquette-là, c'est qu'au lieu d'attendre 20 à 25 minutes dans une vraie écluse que les portes s'ouvrent et que le bateau passe, là on peut attendre juste trois minutes, que la personne vous explique comment fonctionne une écluse. Alors, comme vous pouvez le voir, il y a le barrage juste ici, et l'écluse juste ici. Là, mon pousseur se trouve en aval. Je vais faire rentrer mon pousseur dans l'écluse, puis ensuite fermer la porte qui se trouve en aval. Une fois la porte fermée, je vais tirer sur ma manette, qui va tout simplement venir ouvrir une trappe qui se trouve dans la porte en amont. Une fois cette trappe ouverte, elle va tout simplement faire passer de l'eau qui se trouve en amont dans le canal de l'écluse, tout simplement pour que quand on va ouvrir la porte, que quand l'eau va rentrer, que le bateau ne soit pas trop secoué. Alors regardez maintenant ce qui va se passer quand je vais ouvrir la porte : le bateau monte d'un étage. Une fois la porte grande ouverte, le bateau prêt à partir, le capitaine fait toujours sonner un coup de trompe. Ça permet de prévenir tous les matelots à bord et les éclusiers sur les bords de l'écluse que le bateau est prêt à partir, qu'il est désamarré, et qu'il s'en va. Et il y en a un autre directement qui vient prendre la place, et puis on fit la manœuvre à l'envers. [04:14] Alors là maintenant je vais vous présenter la bricole. Ce qui est très intéressant avec la bricole, c'est ce qu'on pourrait appeler l'ancêtre du moteur. Si vous venez voir au bateau, au musée, vous pourrez voir sur les photos des personnes tirant la bricole, la tire-tire, donc on les appelait les haleurs de rivière. Alors, la tire-tire ou la bricole, ils la mettaient comme ceci, et puis ils tiraient les bateaux. Ce n'était pas des esclaves, ce n'était pas des prisonniers, c'était vraiment leur travail. Les haleurs de rivière. Mais vu que c'était un travail tellement difficile, arrivés au village de Poses ils faisaient une petite pause. [05:00] Alors bien sûr on a des petites histoires dans le village, un petit peu aussi on va dire historiques pour la France, c'est qu'en décembre 1840, il y a eu un capitaine posien du nom de Nicolas Castillon, qui a ramené les restes de l'empereur Napoléon 1er de Rouen à Paris. Il a eu la première Légion d'honneur à titre civil d'un marinier pour cette action. Et tout ça grâce à capitaine du village de Poses du nom de Nicolas Castillon. [05:30] Alors ici on a toutes sortes de maquettes en tous genres, comme des petits bateaux en bois, et aussi une petite anecdote, qu'un visiteur ancien marinier m'a racontée sur les bateaux en bois :ce qui est très intéressant avec les bateaux en bois, c'est que le bois, ça pourrit, donc du coup ça se perce, donc l'eau rentre à l'intérieur. Alors à ce moment-là, les anciens mariniers dormaient toujours un bras en dehors du lit, la main par terre. Comme ça, si l'eau rentrait à l'intérieur, ils avaient la main mouillée. A ce moment-là, ils pouvaient anticiper, ils prenaient du goudron, de la sciure de bois, de la paille d'avoine, du crottin de cheval et des cendres, et tout cela réunit, ça créait comme une colle assez forte pour colmater le bateau de l'intérieur puis d'étanchéiser ça avec des tresses de chevaux. [06:16] On a des photos du village de Poses et de la colline des Deux-Amants qui datent entre 1885 et 1905. Avec ces photos-là, vous pourrez apercevoir si vous venez visiter la colline des Deux-Amants dans un état de propreté comparé à l'état dans lequel on pourrait la voir de nos jours. Je peux tout simplement vous dire la différence, c'est qu'à l'époque, les supermarchés n'existaient pas, donc ils allaient chercher leur lait, leur fromage à la ferme et il y avait des vaches, des moutons, des chèvres sur la colline des Deux-Amants, qui entretenaient la colline des Deux-Amants à la place de l'homme du coup. Et c'est pour ça que sur les représentations, les photos qu'on a, qui datent de 1885 à 1905, vous pouvez voir la colline est toute belle, toute rasée, et bien entretenue. Et si vous regardez bien toutes les photos aussi, vous pourrez aussi voir que les îles aussi sont vraiment très très jolies et très entretenues, très rasées. C'est-à-dire qu'on voit de l'autre côté. [07:23] Entre 1959 et 1974, il y a des entreprises qui ont déversé du détergent dans la Seine. Vous savez ce que c'est du détergent... Donc du coup les six écluses et barrages entre Poses et Paris se sont mis à mousser comme des bains, comme vous pourrez le voir sur les photos qu'il y a juste ici, là, créant plusieurs accidents, des personnes tombant à l'eau, qu'on n'a jamais retrouvées. Et puis bien sûr des dégâts avec les années à venir. Comme vous pouvez le voir sur cette photo ici, des bancs de poissons morts à cause de cette pollution, qu'entre ces deux années-là des entreprises ont versé ça dans la Seine, donc du coup c'est parti en aval... [08:10] C'est ce qu'on appelle un pilon pour casser la glace. Alors il servait tout simplement comme vous pouvez le voir sur la photo juste ici qui témoigne qu'un ouvrier venant casser la glace en hiver 1956. Ce qui est très intéressant avec cette histoire-là, c'est que selon le témoignage, l'ouvrier devait revenir toutes les demie-heures pour recasser la glace, parce que sans quoi la glace se reformait derrière lui. [08:43] Cet objet-là, ce qui au premier coup d'œil pourrait ressembler à la ventouse pour les toilettes... Tout le monde me dit que que c'est ça, mais non c'est pas ça. Ce n'est pas une ventouse pour les toilettes. Alors ça, même des anciens qui ont 80 ans voire 85 ans des fois donnent leur langue au chat et me demandent ce que c'est. Alors c'est une ancienne batteuse à linge. On va appeler l'ancêtre de la machine à laver. Ça servait à essorer les vêtements. Alors on pourrait mettre deux à trois t-shirts là-dedans à l'intérieur et puis pour les essorer correctement après les avoir lavés à la main bien sûr, on va taper comme ceci, toute l'eau va sortir par les trous qui se trouvent tout autour. Et on aura nos t-shirts qui étaient à l'intérieur essorés. Puis après, on pourra les sortir et les étendre sur une corde à linge. [09:42] Alors ce qui est très intéressant avec ce scaphandrier, c'est que une fois, c'était en début d'année, cette année, j'ai eu un visiteur, un monsieur de 85 ans, qui m'expliquait que son premier travail quand il avait 14 ans, c'était d'aider la personne quand elle rentre à l'intérieur, à mettre ses bottes. C'était le premier travail du monsieur quand il avait 14 ans. Et j'ai trouvé ça vraiment très intéressant qu'il me raconte ça, et j'aime bien sortir aussi cette anecdote-là quand je fais mes visites, je trouve ça agréable et ça donne une qualité de visite en même temps. [10:15] La cuve à charbon. Alors c'est la cuve d'un moteur à vapeur. A l'intérieur de cette machine-là, on va dire qu'on va mettre un morceau de charbon comme celui-là, ce qui va donner beaucoup de chaleur. Toute cette chaleur-là, va partir dans le tuyau qu'il y a là, à l'intérieur, là, et puis normalement, toute la vapeur va se mettre en pression à l'intérieur de ce bloc-là, puis faire fonctionner les deux soupapes qui sont ici, puis les deux soupapes vont faire tourner un arbre, puis l'arbre va faire tourner une hélice. Alors ce qui est très intéressant, c'est que je peux vous montrer comme ceci... Là, vous pouvez voir que je l'ai mis en route et que le moteur a démarré... Comme les vraies machines à vapeur.

[11:20]
Le Fauvette

Là, nous voilà devant le Fauvette, le remorqueur le Fauvette, fabriqué en 1928, puis devenu pousseur en 1956. Puis il a été abandonné en 1974 et repris par des anciens mariniers du village de Poses qui ont créé l'Association des Anciens et Amis de la Batellerie. [11:52] Bienvenue à bord du remorqueur le Fauvette, devenu monument du patrimoine grâce à Monsieur Hubert Labrouche, qui grâce au travail qui a été fait par les anciens mariniers, Monsieur Labrouche a réussi à le faire passer monument historique. Son travail à une certaine époque était plutôt de de remorquer les péniches comme vous pouvez voir le Midway qui se trouve là-bas, que vous verrez sans doute après ou que vous avez peut-être déjà vu tout à l'heure  ou, à partir de 1956, de les pousser. Alors il remorquait grâce au crochet que vous voyez derrière moi, et il poussait grâce à des poutres qui étaient attachées à l'avant du bateau mais qui ne s'y trouvent plus de nos jours. [12:42] Alors là nous nous trouvons dans la salle des machines du remorqueur le Fauvette. Alors vous pouvez voir un moteur anglo-belge faisant 525 chevaux, consommant du 45 litres aux 100, qui a été le deuxième moteur du bateau. Parce que le premier moteur était un moteur allemand qui a cassé quand le remorqueur est devenu pousseur. Donc l'équipage du pousseur du coup, a changé le moteur, pour passer d'un moteur de 850 chevaux allemand à un anglo-belge de 525 chevaux. Ce genre de moteur faisait énormément de bruit, et ils n'avaient pas un système de communication comme une radio ou un talkie-walkie ou un téléphone... ils avaient le système de communication vraiment ancien que vous pouvez ici, là, et juste ici, là. Le moyen de communication. Donc le capitaine ou son second se trouvait dans la cabine de pilotage. Pour donner des ordres au mécanicien, il parlait dans une petite bouche juste à côté du macaron (la barre) et le son ressortait par ici. Puis il donnait l'ordre avec ceci. [14:05] Alors sur ces trois panneaux-là, c'est l'historique du remorqueur. Alors regardez l'époque de 1928 à 1956, l'époque de 1956 à 1974 quand il est devenu pousseur, et puis bien sûr l'époque de 1974 jusqu'à 1987, le moment où il a été récupéré par les anciens mariniers bénévoles à la retraite. Alors là vous pouvez le voir dans son état d'abandon, et là vous pouvez voir les étapes par lesquelles il est passé pendant la rénovation. [14:45] Nous voici dans le lieu de vie du mécanicien. Donc vous pouvez voir son grand lit qui se trouve juste ici, et le lit du mousse, le moussaillon, qui est juste ici, le tout petit lit. Alors c'est qui est très intéressant, c'est que vous pouvez voir que les deux lits ne sont pas de la même taille, tout simplement parce que le mousse lui s'engageait quand il avait 12, 13 ou voire même 14 ans. En général, c'était le fils du capitaine, qui arrivé à sa majorité partait à l'armée, puis dès qu'il revenait de l'armée, reprenait en général la place du père. Alors vous pouvez voir une grande table qui fait un petit peu un lieu commun. [15:26] Et on a une petite trappe juste ici qui est très très intéressante, c'est l'arbre de l'hélice. C'est vraiment la machine qui relie l'hélice du bateau, faisant 2m de diamètre, au moteur. Elle va permettre de faire avancer le bateau ou même reculer. Vous pouvez voir juste ici la photo à côté de Monsieur Hubert Labrouche, du Fauvette à cale, sur les cales. Alors vous pouvez voir qu'en général l'eau arrive juste ici, quand il est sur l'eau, donc ça lui donne un bon tirant d'eau, ce qu'on appelle un tirant d'eau, qui est de 2m20 à 2m30. [16:15] On se trouve dans la cabine de pilotage. A l'époque du Fauvette, on appelait ça la marquise. Ce que je tiens en main, là, la barre, à l'époque ils appelaient ça le macaron. Tout à l'heure quand on était dans la salle des machines je vous ai parlé d'un système de communication, alors la petite bouche dans laquelle le capitaine donnait son ordre au mécanicien se trouve juste ici. Donc du coup il parlait comme ça et ça permet de donner son ordre. L'ordre ressortait, et malgré le bruit du moteur le mécanicien entendait quand même. Puis bien sûr il avait la réponse par ici. Et puis ceci, c'est la poignée d'accélération du bateau, alors on appuie ici et puis on pousse pour pouvoir avancer normalement.

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