Témoignage

M. Gilles LABROUCHE
habitant de Poses, hydrobiologiste et ingénieur en environnement

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[00:12] Moi, je suis Gilles LABROUCHE,j'ai une cinquantaine d'années, en fait, ça fait depuis quasiment toujours que j'habite à Poses. j'ai éclipsé un peu la commune au moment de mes études à Rouen puis à Paris. J'habite Poses avec toute ma famille, j'avais 4 frères et sœurs en fait, on habitait... notre première maison était tout à côté du barrage, on avait la première vue sur le barrage. Et puis ensuite, on est venu habiter une maison à deux pas de la cale du bac, c'est la maison de mon enfance et c'est là que j'ai fait plus ample connaissance avec la Seine parce que la Seine a été pour mon père, pour toute la famille évidemment, un terrain de jeu pour tout le monde à plusieurs titres : au titre des loisirs tout simplement parce qu'on faisait du bateau, on faisait de la barque, on faisait de la voile, et puis aussi on allait explorer la nature. On allait explorer les bras, les bras des nénuphars, toutes les îles, ramasser les noix, aller voir les poissons. Et puis ça a été aussi un peu fondateur sur le plan de mes convictions en matière d'écologie : j'ai fait ensuite des études dans le domaine de la biologie et notamment l'hydrobiologie. Je suis devenu un peu un peu spécialiste de l'hydrobiologie, de la qualité des cours d'eau, à travers les petites bêtes qui vivent dans l'eau. Je me suis promené au travers de tout un tas de rivières de la Haute-Normandie, que je connais à peu près toutes. V'est un peu de longue date mais enfin c'était un peu ma spécialité au départ.

[01:51]
La passe à poissons du barrage de Poses

Quand j'étais étudiant, pour payer une partie de mes études notamment, mais pas que, parce que ça m'intéressait, je suis devenu animateur de la passe à poissons, qui était un équipement assez nouveau sur la Seine. Qui était la première à ma connaissance, je crois sur l'ensemble de la Basse-Seine. Qui a été construite en même temps que la centrale hydroélectrique, qui a été mise en service en 1992 de mémoire. C'est-à dire que, à l'époque, la réglementation avait aussi évolué et il y avait obligations dès lors qu'on intervenait sur un ouvrage hydraulique de faire une passe à poissons qui permettait la continuité écologique. C'est-à-dire qui permettait aux poissons de franchir un obstacle. En l'occurrence, cette passe à poissons avait vocation à permettre en particulier aux poissons migrateurs, pour lesquels c'est vital... Au début du XIXe siècle, avant la construction du barrage, puisque les premiers barrages c'est 1850 sur la Seine, la Seine était fréquentée par les saumons, par les esturgeons, les truites de mer, etc., les lamproies, et avec la construction de ces ouvrages, ces poissons n'ont pas pu remonter les rivières pour aller se reproduire. Le barrage de Poses, alors il y a eu deux barrages à Poses, hein : le premier qui n'était pas ici, il était un peu en amont, il y avait une chute qui était de l'ordre de 2m puisque c'était des cadres, un barrage à aiguilles, c'était le maximum qu'on pouvait faire à l'époque ; et puis en 1885 le barrage actuel était mécanisé avec des passes qui permettaient des hauteurs de chute beaucoup plus importantes, et là en moyenne on a 5m. En moyenne 5m : en été, ça peut aller jusqu'à 8m, c'est vous dire pour les poissons que c'est un barrage complètement infranchissable. Donc on peut penser que depuis la moitié du XIXe siècle, il y avait onze barrages à l'époque qui ont été construits entre entre la mer et Paris, de fait les migrateurs ne pouvaient plus remonter. [03:58] Donc ces passes à poissons avaient vocation en premier lieu à permettre à ces poissons migrateurs de remonter les cours d'eau pour aller regagner des petits cours d'eau dans lesquels il y a des frayères, en tout cas des biotopes qui sont aptes à leur reproduction. Et puis la Seine, on dit que c'est un milieu qui est caractérisé par les poissons blancs, donc ce sont des poissons d'eaux calmes, en premier lieu le gardon, la brème, etc. Donc des poissons qui sont mauvais nageurs comparativement à un saumon ou à une truite de mer qui sont capables de franchir des obstacles importants, ça peut franchir des chutes de 2m ou 2m50 en fonction de tout un tas de caractéristiques. Mais cette passe à poissons, elle avait vocation aussi à permettre aux poissons blancs de transiter depuis l'aval vers l'amont en fonction notamment des périodes de reproduction. Parce que les poissons blancs aussi se déplacent dans le cours d'eau, bien entendu, pour gagner des zones de frayère qui sont plus aptes. Donc on a eu la chance dans cette passe à poissons que soit mise en place une chambre d'observation, qui est une espèce d'aquarium en fait, avec des carreaux qui donnent sur cette passe à poissons et qui est devenu un lieu très pédagogique pour expliquer aux visiteurs comment fonctionne tout ça et puis parler un peu de l'hydrobiologie de la Seine d'une manière générale. La période de reproduction des poissons blancs c'est pour le plus gros des poissons entre mai et juin, ça dépend des années mais c'est une période particulièrement propice pour voir ces poissons et donc c'est particulièrement intéressant et pédagogique je pense pour les gens qui viennent voir ça. Alors j'ai observé plein de choses. On a observé des poissons blancs, ceux dont je vous parlais là, et puis on a observé aussi des migrateurs et notamment la lamproie marine, qui est un animal un peu un peu particulier parce que c'est presque un fossile vivant en fait. C'est un animal qui est un peu classé à part de tous les autres, parce qu'il n'a pas de mâchoire. C'est un agnathe. Il a une espèce de ventouse à la place de la bouche avec tout un tas de dents à l'intérieur. C'est un animal qui est imposant, hein, ça fait 80-90cm voire 1m de long. Et j'ai eu la chance d'en voir collé sur les carreaux, où on voit cette ventouse avec ses dents toutes concentriques. Et en fait c'est un animal qui se sert de cette ventouse et qui se fixe sur des gros poissons, à l'époque ça pouvait se fixer notamment sur des esturgeons, et donc elles se nourrissaient comme ça. Ce n'est pas un parasite mais enfin c'était sa façon de se nourrir. Et à l'époque c'était une observation qui n'était pas inintéressante, quand on a montré ça notamment aux spécialistes du Conseil supérieur de la pêche, c'était plutôt une observation qui n'était pas connue en Seine : la lamproie marine est connue notamment en Gironde, très connue là-bas. Il y avait de la lamproie fugative aussi, qui est plus petite, qui remonte un peu plus tôt, en mars, parce que la lamproie marine remonte plutôt un peu plus tard, en mai. Mais voilà, c'était des premières observations qui ont été intéressantes et - il a fallu quelques années - mais la passe à poissons a été équipée depuis d'une chambre de comptage avec un vidéocomptage, qui est un dispositif assez performant qui permet de reconnaître la silhouette des poissons, l'espèce qui remonte, et qui compte. Alors après c'est dépouillé par un spécialiste, mais on a des comptages très précis maintenant de l'ensemble des populations qui fréquente la passe. [07:23] L'évolution, en fait, c'est un peu compliqué, parce que c'est au long terme qu'on peut voir l'évolution des choses. Ce qui est sûr, c'est qu'on voit du migrateur. On voit notamment les plus nobles comme le saumon et la truite de mer. Parfois en petit nombre. Ce qu'il y a de sûr c'est que c'est très fluctuant d'une année à l'autre parce que c'est fonction en grande partie du débit de la Seine, qui est une donnée d'entrée importante par rapport au taux d'oxygène qu'on peut retrouver en aval. Alors on n'est plus dans les situations des années 1970 ou 1980 mais ce qu'il faut savoir c'est qu'en été, quand le débit de la Seine est très très faible, le taux d'oxygène en aval du barrage de Poses peut devenir très très faible notamment en aval de Rouen : on peut avoir 1, 2, 3mg d'oxygène dans l'eau. Or, c'est l'époque, pendant l'été, à laquelle remontent les salmonidés et donc ça peut être un frein à leur remontée. Donc en fait une année sur l'autre il y a des grandes fluctuations dans les observations.

[08:25]
Le plan de prévention des risques d'inondation

Ensuite je suis devenu ingénieur dans le domaine de l'environnement. J'ai continué à travailler sur ces problématiques de qualité des cours d'eau d'une manière générale, et puis aussi sur la thématique des inondations. Alors les inondations surtout en Haute-Normandie et notamment dans la boucle de Poses. J'ai travaillé à l'époque sur le plan de prévention des risques d'inondation, ces études qui consistent en fait à définir les risques et les aléas auxquels on est soumis et puis leurs occurrences en fonction de l'historique qu'on connaît des crues dans la vallée de la Seine. J'ai fait un peu ce même travail d'ailleurs pour pas mal de rivières dans le Pays de Caux, qui sont soumises à des phénomènes qui sont d'ampleur et de nature complètement différentes, parce que ce sont des phénomènes très violents, avec des phénomènes d'écoulements torrentiels, d'érosion, qui ont donné lieu d'ailleurs à des épisodes tout à fait catastrophiques, par exemple à Barentin ou à la Vaupalière, avec des gens qui y ont laissé leur peau... À Poses heureusement on n'est pas dans ce type de phénomènes, ce sont des phénomènes longs, lents, qui peuvent en revanche concerner des durées d'exposition relativement longues, de l'ordre quasiment de 20... je crois que la crue de 1910 a dû durer 20 ou 25 jours ou quelque chose comme ça, 26 jours. Mais avec des hauteurs d'eau relativement importantes. On a perdu un peu la mémoire de ces choses-là mais c'est quelque chose, en tout cas ce sont des phénomènes auxquels on reste potentiellement exposé. Les derniers épisodes de juin 2016 par exemple montrent que sont des épisodes qui ont de fortes chances de se produire à nouveau. [10:25] Un plan de prévention des risques d'inondation (PPRI), c'est un document qui est très cadré sur le plan réglementaire, qui repose d'abord sur des observations par rapport à des épisodes historiques. Là, ici à Poses, on a des repères de crue qui sont très précis, qui donnent des cotes de référence, c'est-à-dire la hauteur d'eau observée en 1910. Donc on se base sur ces cotes-là, on regarde la topographie actuelle des terrains, et par recoupement on en déduit une hauteur d'eau à laquelle on va être exposé. Et donc ça, ça définit (ça c'est la seconde étape) des phénomènes, des niveaux d'aléas qui sont fonction de la hauteur d'eau et éventuellement aussi fonction de la vitesse des écoulements. C'est-à-dire que plus on se rapproche du bord de La Seine, plus les écoulements sont violents, et donc plus les risques encourus sont graves. Et en fonction de cette cartes d'aléas, qui en général se déclinent en 4 niveaux, en général vous avez des cartographies qui se déclinent en couleurs, des aplats de couleurs : des zones rouges, dans lesquelles on est fortement exposé ; des zones vertes, qui sont plutôt dédiées à l'expansion naturelle des crues ; des zones bleues, qui sont des zones habitées dans lesquelles on pense que les aléas sont compatibles avec la vie sous réserve de prendre un certain nombre de disposition notamment constructibles ; des zones blanches qui sont en dehors des aléas ; ou éventuellement des zones jaunes, qui sont elles soumises à des phénomènes de remontée de nappe, pour notamment prévenir les phénomènes de remontée dans les sous-sols si jamais les documents d'urbanisme le permettaient. Une fois qu'on a fait ce travail de définition des aléas, on décline ça sous sous la forme d'un règlement pour chacune des zones, où on va déterminer les occupations possibles, celles qui sont interdites, et toutes les dispositions qu'il faut prendre pour se mettre en dehors des risques possibles. Voilà résumé brièvement ce que c'est qu'un PPRI. [12:32] Si on doit parler des inondations, effectivement moi j'habite là, j'ai 50 ans, je n'ai jamais connu d'inondation notoire. Ça c'est quelque chose d'important je pense à dire aux gens : c'est que quand vous faites des enquêtes sur les inondations, et Dieu sait si j'en ai fait dans le Pays de Caux, j'ai des centaines de gens qui ont eu les pieds dans l'eau, et en règle générale la première chose que vous disent les gens, c'est "on n'a jamais vu ça". Et quand vous creusez un peu, "et vous êtes là depuis combien de temps ?", alors il y a des gens qui vous disent depuis toujours, mais c'est rare, en général "on est là depuis 10 ans", "on est là depuis 20 ans", "on est là depuis 30 ans"... Ramené aux occurrences sur lesquelles on travaille quand on parle d'inondation, qui sont... la crue de 1910, c'est une crue d'occurrence 100 ans, c'est vous dire qu'à Poses, vous allez voir tous les vieux du pays, il y en a quelques uns qui s'en rappelleront parce que je vais vous dire autre chose au sujet des crues de la Seine après, mais il y a 99% des gens : "on n'a jamais vu ça ici", mais c'est une évidence, parce que les gens, au bout de 20 ans, la (mal)chance pour qu'on ait une crue est tellement faible que c'est une évidence. Alors moi, ce que je veux dire, c'est que quand je vous parlais justement de ce risque d'inondation dans la boucle de la Seine ou dans la vallée de la Seine d'une manière générale, de toute façon ce sont des phénomènes qu'on connaîtra. Au siècle dernier, on parle tout le temps de 1910... Dans ma maison ici, probablement il y a eu de l'eau en 1910. Dans la maison que j'habitais précédemment je suis sûr qu'au siècle dernier il y a eu au moins trois fois de l'eau dedans. Il y a eu 1910, 1920, 1924, 1945, 1955 probablement pas mais dans la maison que j'habitais près de la cale du bac, il y a eu au moins trois à quatre fois de l'eau au siècle dernier. C'est vous dire. Donc le risque qu'on ait une inondation dans les années à venir, il faut absolument en tenir compte. C'est une évidence. En 50 ans, je n'ai pas connu de grandes inondations, mais c'est vrai que deux fois, la crue de fin mars - début avril 2001, on commençait un peu à avoir peur quoi... : à 50cm près elle était sur le chemin de halage, au milieu du village. Et puis la crue qui est encore plus bizarre entre guillemets, c'est celle de juin 2016. On parle toujours des crues, les occurrences de crues de la Seine, c'est en octobre et la fin mars, grosso modo. Et là, bah, on a une crue en juin 2016, qui était vraiment importante très importante. Donc c'est dire que ce sont des aléas en tout cas des phénomènes que que l'on connaît statistiquement, mais qui sont un peu compliqués à appréhender.

[15:38]
Les sports nautiques

À Poses comme vous le savez on a été, le village de Poses a été exploité par des carrières à partir des années 1950 je crois hein, ça doit être les années 1946-47 pour les premiers coups de de drague. Mais c'est surtout à partir des années 1970 que d'importantes carrières ont vu le jour, avec un arrêté ministériel qui portait je crois sur 1500ha à travers toute la plaine, à l'époque de la construction de la ville nouvelle de Val-de-Reuil. Ce gisement-là était censé alimenter en particulier tous les besoins en granulats pour construire la ville. Et de cette exploitation de carrières, donc là c'est un peu une chance par rapport à tout ce qu'on peut voir en termes de de réhabilitation de carrières dans la vallée de la Seine notamment, on a eu la chance d'avoir un aménagement particulièrement bien fait, avec des étangs qui ont eu des vocations naturelles comme la réserve de la Grande Noë par exemple, et puis tout un complexe d'étangs qui ont eu une vocation de loisirs et sportive vouée au sport nautique. Et au début des années 1970, avec la création du complexe de la base nautique à côté de l’église du village, puisque à l'époque c'était le seul aménagement qui existait, sont nées tout un tas d'activités nautiques, notamment de dériveur, de planche à voile, de kayak, de canoë, d'aviron un peu plus tard... Et à cette époque quasiment beaucoup de gamins du village le mercredi après-midi allaient, à l'époque de la Jeunesse et des Sports s'occupait de ces activités, allaient pratiquer les sports nautiques sur la base. Donc ça a été un peu fondateur aussi pour moi, pour découvrir tous ces sports nautiques et j'en ai beaucoup profité. J'ai fait beaucoup de canoë, du kayak aussi, de la course en ligne, et puis après de l'aviron plus tard sur la Seine. [17:50] Je ne pratique plus beaucoup les sports nautiques, je me balade pas mal avec ma barque à la godille, je suis un des rares qui godille encore, je sais godiller. Godiller, c'est une façon déplacer un bateau en fait avec une seule rame, qu'on appelle une godille, qu'on met à l'arrière du bateau et en fait on fait... ça ressemble à des "8" dans l'eau si vous voulez, et on propulse le bateau avec un geste dont il faut saisir un peu la façon de faire. J'ai appris ça en fait avec des gamins du village quand j'étais jeune et je l'ai gardé, et puis j'ai pris l'habitude de me déplacer en barque comme ça quoi. Ce sont vos bras qui vous limitent... sinon non, tout est possible. Gamin, ça nous est arrivé avec un copain de descendre un bateau de Saint-Pierre-du-Vauvray, donc de là-bas ça doit faire plus de dix bornes je pense. Voilà, c'est une autre façon de faire, c'est un peu plus dur que de se promener à la rame, mais quand je me promène je fais le tour des îles ici à Poses et ça me convient. On va moins loin que si on avait un moteur bien entendu...

[19:01]
L'histoire locale et de la batellerie

Donc oui récemment a eu lieu l'assemblée générale de l'association de la batellerie, qui s'appelle l'association des Anciens et Amis de la Batellerie de Poses, en fait qui a vocation à faire vivre d'une part un musée d'histoire locale et d'histoire de la batellerie, et puis aussi un remorqueur, qui est le dernier remorqueur de Seine en fait, qui a été sauvé un peu in extremis, qui est classé monument historique. Et donc cette association a vocation à faire vivre ces bateaux et puis à faire vivre aussi tous les passionnés, bateliers ou non, autour de de ce thème de l'histoire locale et l'histoire de la batellerie. Donc elle organise aussi tout un tas de manifestations pour faire vivre cette histoire locale et le monde de la batellerie tel que les anciens le connaissaient, mais il y a un renouveau aussi maintenant dans l'association et ça c'est bien, pour passer un peu le relais. Parce qu'il y a toujours des bateliers qui vivent de ça sur la Seine et donc c'est c'est important que ce monde un peu à part puisse montrer un peu toutes ses composantes. L'association de la batellerie a pu recueillir depuis le milieu des années 1980 une masse d'archives très importante qui provient des fois des services de la navigation de la Seine, d'archives privées, de récits. Donc une masse de documents très importante en lien avec l'histoire locale, les ouvrages d'art et puis la navigation d'une manière générale. [21:05] Et c'est notamment sur la base de toutes ces archives que mon père, donc qui était le président de cette association depuis le début, il a voulu valoriser toute cette masse d'informations au travers de multiples conférences qu'il a pu faire ici, mais aussi ailleurs : à Louviers, à Bernay, à Rouen... sur des thématiques diverses. On parlait d'inondations tout à l'heure : par exemple sur les inondations, sur l'historique des ouvrages sur la Seine, sur le halage, sur des thématiques en rapport avec la Seine, compte tenu en fait de toute la connaissance qu'il avait acquise de ces archives, de toute l'exploitation qu'il avait pu en faire. Il a tenu à en faire des documents, au travers de trois livres qu'il a pu rédiger : le premier porte plutôt sur l'histoire locale après la IIIe République, donc après 1870, qui est très documenté notamment en photos, puisque évidemment il y avait beaucoup de documents à cette époque-là ; il en a fait un second qui portait sur l'histoire du halage à Poses, qui a été aussi un point très important parce que Poses avant le barrage, c'était un pertuis, donc un endroit avec des courants très très rapides, à l'emplacement du barrage mais qui se prolongeait sur quasiment 3km, avec des courants très très rapides donc qui demandaient une quantité de travail et de manœuvres, que ce soit pour s'occuper des chevaux qui tiraient les bateaux ou voire les hommes qui tiraient les bateaux... donc tout ça à la place du pertuis, donc ça a mérité en tout cas de faire un ouvrage et mon père a travaillé là-dessus, ça c'était le deuxième ouvrage ; et puis le troisième était un peu le pendant sur tout ce qu'on savait de l'histoire du village depuis l'époque néolithique, puisque ici à Poses on a eu une grande trouvaille néolithique dans la plaine à l'époque des décapage des terres de découverte par les carriers, avec un des plus grands villages néolithiques de tout le Nord-Ouest de l'Europe. Et donc ça, ça a été un peu le point de départ qu'il expose dans son livre, pour arriver jusqu'à l'poque de 1870 que j'évoquais précédemment, donc ça fait un peu le pendant sur tout ce qu'on a pu rassembler comme connaissances de l'Âge du Fer, de l'Âge du Cuivre, des Mérovingiens, etc. Et donc il y a une quatrième étape que mon père avait entamée, qui portait sur l'histoire de la guerre vécue localement. Malheureusement il n'a pas pu aller jusqu'au bout de cet ouvrage. Il a rassemblé énormément d'archives et puis il y a bien des gens aussi qui ont des archives en tête ou autrement, et on aimerait bien pouvoir valoriser ça pour aller jusqu'au bout et finaliser ce ce quatrième ouvrage.

[24:09] Alors ça, c'est une toile de Marcel Niquet, qui est un peintre posien, pour replacer un peu les choses, de l'Ecole des peintres de Rouen en fait, et qui a brossé le village... Beaucoup de sa thématique tournait autour de la Seine notamment, avec beaucoup de paysages de neige, des scènes de village et puis notamment de scène du printemps. Et ça c'est une toile de Niquet que j'apprécie beaucoup parce que c'est celle de l'île en face de la maison de mon enfance avec des teintes de printemps qui retracent bien et qui sont bien fidèles à l'ambiance qu'on connait nous au printemps ici quoi.

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Voir aussi
Témoignage de Mme Anne-Sophie de BESSES, chargée de mission à l'agence régionale de l'environnement et présidente de l'association ATLEA (association du temps libre des enfants archépontains)

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